Le marché du gaz

Comparer les prix des offres de fourniture de gaz naturel sur le marché de détail

Décomposer ma facture de gaz pour mieux la comprendre

La facture de gaz des consommateurs particulier ou des petits professionnels ayant souscrit aux tarifs réglementés du gaz ou à une offre à prix de marché se décompose de la façon suivante :

  • le tarif d'utilisation des réseaux de transport de gaz pour 5% de la facture HT en moyenne. Ce tarif est fixé par la Commission de Régulation de l'Energie et ne change pas selon le fournisseur de gaz. Il couvre les coûts d'investissement et d'exploitation des gestionnaires des réseaux de transport de gaz, qui sont en situation de monopole sur leurs territoires respectifs.
  • le tarif d'utilisation des réseaux de distribution de gaz pour 21% de la facture HT en moyenne. Ce tarif est fixé par la Commission de Régulation de l'Energie et ne change pas selon le fournisseur de gaz. Il couvre les coûts d'investissement et d'exploitation des gestionnaires des réseaux de distribution de gaz naturel, qui sont en situation de monopole sur leurs territoires respectifs.
  • le coût d'utilisation des infrastructures de stockage de gaz naturel pour 5% de la facture HT en moyenne. Les tarifs d'utilisation des capacités de stockage sont déterminés par les opérateurs des infrastructures de stockage du gaz, et sont appliqués à tous les utilisateurs de ces capacités de manière transparente et non discriminatoire.
  • le tarif/prix de fourniture de gaz couvre les coûts d'approvisionnement en gaz naturel (58% de la facture HT) et ses coûts de commercialisation (11%). L'ouverture à la concurrence des marchés du gaz ne s'appliquent qu'à ce périmètre : si les fournisseurs de gaz peuvent proposer des prix de marchés inférieurs aux tarifs réglementés, c'est parce qu'ils parviennent à acquérir du gaz moins cher, ou parce qu'ils parviennent à alléger leurs structures de commercialisation du gaz.
  • la TVA (19,6% sur les consommations, 5,5% sur l'abonnement)
  • la contribution tarifaire d'acheminement (CTA, prélèvement créé pour financer les régimes de retraites des employés des gestionnaires des réseaux de gaz naturel).

Je veux en savoir plus sur la décomposition de ma facture de gaz naturel (marché de détail du gaz)

Je veux comprendre le fonctionnement du marché de détail du gaz naturel

Le marché de détail est le marché sur lequel s'approvisionnent les consommateurs finaux du gaz naturel, dont les particuliers. Il se caractérise par la possibilité pour le consommateur de souscrire à deux types d'offre de fourniture de gaz : les tarifs réglementés du gaz naturel (dont l'évolution est contrôlée par la puissance publique) et les offres à prix de marché (dont l'évolution est théoriquement libre, mais de nombreux fournisseurs les indexent en fait sur les tarifs réglementés). Aujourd'hui, les consommateurs particuliers bénéficient de la réversibilité pour le gaz naturel : il leur est possible de souscrire à une offre de fourniture de gaz naturel à prix de marché puis de revenir aux tarifs réglementés (après une période contractuelle de 6 mois minimum).

La possibilité pour le consommateur de souscrire à une offre à prix de marché résulte d'un processus d'ouverture à la concurrence initié sous l'impulsion de la Commission européenne, et ayant abouti en juillet 2007 au libre choix du fournisseur de gaz naturel pour tous les consommateurs français de gaz naturel.

Toutefois, les statistiques montrent que le marché de détail du gaz naturel est toujours nettement dominé par les fournisseurs historiques de gaz naturel. A la fin 2009, les fournisseurs alternatifs de gaz naturel ne vendaient en effet que 17% du gaz naturel vendu en France (et seulement 4% sur le segment des consommateurs particuliers).

Je veux en savoir plus sur le fonctionnement du marché de détail du gaz naturel

Je veux comprendre quels sont les usages du gaz naturel

Le gaz naturel est destiné à 4 grands marchés :

  • les clients résidentiels (30% de la consommation mondiale de gaz), où les usages concernent la production d'eau chaude sanitaire, le chauffage et la cuisson.
  • les clients industriels (34% de la consommation européenne de gaz), où les usages concernent essentiellement l'industrie chimique.
  • les centrales de production d'électricité à partir de gaz naturel, qui constituent le moteur de la hausse de la consommation de gaz naturel dans les pays de l'OCDE.
  • les transports (GNV et bientôt GTL).

Je veux en savoir plus sur les usages du gaz naturel

Le marché de gros du gaz naturel

Les professionnels du gaz s'échangent le gaz naturel sur les marchés de gros, qui sont segmentés en deux catégories de marché : le marché de gré à gré (contrats d'approvisionnement de long terme) et les marchés organisés du gaz naturel.

Le marché de gré à gré du gaz naturel représente en Europe la grande majorité des volumes de gaz échangés sur le marché de gros. Il s'agit des contrats d'approvisionnement de long terme principalement passés entre les grands opérateurs de gaz naturel (comme GDF Suez ou ENI) et les grands producteurs de gaz naturel (comme Gazprom). Les contrats de long terme ont pour principal avantage de procurer une grande visibilité à l'acheteur (qui a besoin d'une certaine prévisibilité des volumes d'approvisionnement et de leurs prix) comme au vendeur (qui a besoin de s'assurer de débouchés pour réaliser les lourds investissements demandés par l'extraction et le transport du gaz naturel).

L'ouverture à la concurrence des marchés du gaz s'est concrétisée par l'émergence progressive des marchés organisés du gaz en Europe. Il s'agit de bourses de l'énergie (Powernext Gas en France) sur lesquelles les professionnels s'échangent du gaz naturel sur le marché au comptant ou sur le marché à terme. Les marchés organisés ne sont le plus souvent utilisés qu'à la marge par les fournisseurs de gaz pour ajuster leurs approvisionnements aux besoins de leurs clients. En effet, la volatilité des prix ne permet pas aux acteurs du marché de disposer d'une visibilité sur leurs coûts d'approvisionnement.

Je veux en savoir plus sur le fonctionnement du marché de gros du gaz naturel

Les chiffres du marché de gros du gaz en France (2007)

  • Production domestique de gaz naturel : 10 TWh
  • Production domestique de gaz industriels récupérés et réinjectés dans les réseaux : 27,5 TWh
  • Ventes de gaz naturel : 500 TWh (dont un tiers à destination des ménages, un tiers à destination des industriels et un tiers pour le secteur tertiaire et le secteur de l'énergie réunis).
  • Provenance du gaz naturel importé : Norvège (30%), Pays-Bas (18,8%), Algérie (18,1%), Russie (13,7%)
  • Grands points d'entrée des importations de gaz naturel par gazoducs :Taisnières (173,3 TWh), Dunkerque (172,5 TWh), Obergailbach (83,2 TWh)
  • Grands points d'entrée des importations de gaz naturel par la filière du gaz naturel liquéfié (GNL) : Montoir de Bretagne (83,4 TWh), Fos-sur-Mer (60,4 TWh)
  • Grands points de sortie des exportations de gaz par gazoducs : Oltingue (62,9 TWh), Larrau (25,6 TWh)
  • Longueur du réseau de transport de gaz naturel : 36 600 kilomètres
  • Longueur du réseau de distribution de gaz naturel : 193 000 kilomètres
  • nombre de communes reliées au réseau de gaz naturel : 9550
  • Part des français pouvant avoir accès au réseau de distribution de gaz naturel : 80%.
  • Part du gaz naturel dans la consommation totale d'énergie en France : 14,8% (contre 7,4% en 1973).

Je veux en savoir plus sur les chiffres du marché de gros du gaz naturel

Comprendre comment s'organise le commerce international de gaz naturel

Le commerce international de gaz naturel se caractérise par une certaine segmentation en marchés régionaux : en raisons des coûts importants liés au transport du gaz naturel, les pays consommateurs s'approvisionnent au plus proche, par du gaz domestique ou du gaz importé de pays situés à proximité. Il n'existe donc pas véritablement de marché mondial du gaz naturel.

L'Union européenne est la plus grande zone importatrice de gaz naturel, sa production ne couvrant que 40% de ses besoins en 2007, et ses réserves s'épuisant rapidement. L'Union européenne est donc particulièrement active dans le commerce de gaz naturel en tant qu'acheteur à des pays comme la Russie, l'Algérie, le Nigéria, le Qatar.

Au contraire de l'Europe, l'Amérique du Nord dispose d'une production de gaz naturel couvrant la quasi-totalité des besoins locaux. Elle prend donc une part beaucoup moins active au commerce international de gaz naturel que l'Union européenne. Le fort développement de l'exploitation des gaz non-conventionnels devrait permettre à l'Amérique du Nord de continuer à rester relativement isolée du commerce international du gaz naturel dans les prochaines années, en dépit de l'arrivée à maturité de nombreux gisements conventionnels de gaz.

En Asie, c'est le Japon qui prend une part particulièrement active au commerce international de gaz naturel, en tant que 4ème consommateur mondial de gaz sans production locale très significative. Son gaz naturel est importé d'Indonésie, du Moyen-Orient et de Russie. La Chine parvient à augmenter sa production domestique de manière à couvrir la plupart de ses besoins, la rendant peu active pour l'instant dans l'importation de gaz naturel.

Consulter le dossier sur le commerce international du gaz naturel

Je veux comprendre la consommation mondiale de gaz naturel

Le gaz naturel représente 23% de la consommation totale d'énergie dans le monde, ce qui en fait la troisième source d'énergie la plus utilisée après le pétrole et le charbon.

Les plus gros consommateurs du monde de gaz naturel en 2008 sont, dans l'ordre : les Etats-Unis, la Russie, l'Iran, le Japon, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, le Canada, la Chine, l'Arabie Saoudite. Les Etats-Unis, l'Union européenne et la Russie représentent à eux seuls les deux tiers de la consommation mondiale de gaz naturel.

Les perspectives de consommation de gaz naturel publiées par l'Agence Internationale de l'Energie pour la période 2006-2030 prévoient une augmentation moyenne de 1,6% par an. Les moteurs de l'augmentation de la consommation de gaz naturel sont :

  • la croissance des pays émergents (+5,2% de croissance par an pour la consommation chinoise entre 2006 et 2030, +4,2% pour l'Inde).
  • l'augmentation de la production d'électricité à partir de gaz naturel, notamment dans les pays développés (Europe, Amérique du Nord, Japon).

Je veux en savoir plus sur la consommation mondiale de gaz naturel

Qui sont les pays producteurs de gaz naturel ?

Les plus grands pays producteurs de gaz naturel en 2008 sont, dans l'ordre : la Russie (552,2 Gm3), les Etats-Unis (582,2 Gm3), le Canada (170,9 Gm3), l'Iran (116,3 Gm3), la Norvège (99,2 Gm3), l'Algérie (86,5 Gm3), les Pays-Bas (84,69 Gm3), l'Arabie Saoudite (80,44 Gm3), le Qatar (76,98 Gm3), la Chine (76,1 Gm3).

Dans le scénario de référence 2009 de l'Agence Internationale de l'Energie, la production de gaz naturel devrait augmenter de 1350 milliards de mètres cubes entre 2006 et 2030. Sur ces capacités supplémentaires

  • 270 Gm3 devraient provenir du Moyen-Orient (qui dispose de 41% des réserves mondiales prouvées de gaz naturel).
  • 228 Gm3 devraient provenir de Russie (qui développe ses gisements géants de Yamal, Shtokman et Sakhaline)
  • 226 Gm3 devraient provenir de la zone Asie hors OCDE (dont 56 Gm3 pour la Chine et 28 Gm3 pour l'Inde)
  • 200 Gm3 devraient provenir de la zone OCDE, où l'augmentation de la production de gaz naturel aux Etats-Unis et en Océanie compensera le déclin de la production de gaz naturel en Europe de l'Ouest.

Je veux en savoir plus sur les pays producteurs de gaz naturel

Je veux comprendre qui détient les réserves de gaz naturel

Les réserves prouvées de gaz naturel s'élevaient en 2006, d'après l'Agence Internationale de l'Energie, à 180000 Gm3, correspondant à 60 ans de production de gaz naturel à son niveau actuel. Toutefois, les réserves prouvées de gaz naturel ne cessent de progresser, au fur et à mesure que la connaissance du sous-sol mondial s'affine et que les technologies d'extraction rendent économiques l'exploitation de gisements difficiles d'accès ou non-conventionnels. D'après BP, les réserves prouvées de gaz naturel se répartissent en 2008 de la façon suivante :

  • 41% au Moyen-Orient
  • 30,2% dans l'ex-URSS
  • 8,8% en Afrique
  • 8,1% en Extrême-Orient et Océanie
  • 4,5% en Amérique du Nord
  • 4,4% en Amérique du Sud
  • 3,3% en Europe

La Russie, l'Iran et le Qatar disposent à eux seuls de plus de la moitié des réserves prouvées de gaz naturel.

Je veux en savoir plus sur les réserves de gaz naturel.

Comment s'organise l'approvisionnement de la France et de l'Union européenne en gaz naturel

L'Union européenne est en 2009 dépendante à 60% de ses importations pour son approvisionnement de gaz naturel. La production européenne se concentre aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Roumanie et en Norvège (hors UE). L'UE (Norvège incluse) ne renferme que 3,3% des réserves mondiales prouvées de gaz naturel, ce qui laisse présager d'une augmentation conséquente du poids des importations dans l'approvisionnement en gaz de l'UE dans les années à venir.

La Russie est le plus grand fournisseur de gaz à l'Union européenne, et la construction de nouveaux gazoducs en provenance de Russie (Nord Stream, South Stream) ne devrait faire que renforcer le poids de la Russie dans les importations de gaz de l'UE. Pour diminuer sa dépendance à l'égard de la Russie, l'UE renforce ses capacités d'accueil de méthaniers par la construction de terminaux gaz naturel liquéfié (GNL) qui réceptionnent aujourd'hui du gaz en provenance d'Algérie, du Nigéria, du Qatar et d'Egypte.

L'approvisionnement en gaz naturel de la France passe quasi exclusivement par les importations, la production domestique étant tombée à des niveaux extrêmement faibles. En 2008, les importations de gaz naturel de la France se répartissent comme suit : 33% du gaz importé vient de Norvège, 18% des Pays-Bas, 17% d'Algérie, 15% de Russie, 2% du Nigéria et 15% d'autres pays (dont le Qatar et l'Egypte). L'approvisionnement en gaz naturel de la France est donc largement diversifié.

Impact du gaz naturel sur l'environnement

Le gaz naturel fait débat sur ses impacts environnementaux et peut être considéré comme une énergie propre ou un dangereux contributeur au réchauffement climatique en fonction du lobby représenté. La vérité est que le gaz naturel constitue un moindre mal en comparaison des autres hydrocarbures, mais que son impact écologique n'en demeure pas moins significatif.

Le gaz naturel impacte de façon négative l'environnement dans la mesure où sa combustion dégage du CO2, principal contributeur à l'effet de serre. 55 kilogrammes de CO2 sont ainsi émis pour un gigajoule de chaleur produite par la combustion du gaz naturel. Par ailleurs, la libération du méthane (le principal composant du gaz naturel) dans l'air à l'occasion de fuites sur les réseaux est hautement préjudiciable pour le climat (le méthane a en effet un impact sur le réchauffement climatique 25 fois supérieur à celui du CO2). Enfin, la filière du gaz naturel inclut des infrastructures très lourdes (gazoducs, terminaux méthaniers) qui ont un impact important sur le territoire sur lequel ils sont construits et sur la consommation d'énergie locale (la liquéfaction du gaz naturel est un exemple de procédé très coûteux en énergie).

Toutefois, le gaz naturel émet moins de CO2 que les autres hydrocarbures pour une même quantité de chaleur produite : le pétrole émet en effet 75 kilogrammes de CO2 par gigajoule de chaleur produit, et le charbon 100 kilogrammes. Le remplacement des centrales de production d'électricité fonctionnant au fioul et au charbon par des centrales au gaz permet donc de réduire les émissions de gaz à effet de serre. C'est pourquoi les défenseurs du gaz naturel arguent que le gaz est une source d'énergie propre. Par ailleurs, la combustion du gaz naturel donne lieu à beaucoup moins d'émissions nocives (oxyde d'azote, micro-poussières) que les autres énergies fossiles.

Consulter le dossier sur l'impact environnemental du gaz naturel

Les infrastructures de la chaîne de valeur du gaz naturel

La chaîne du gaz naturel inclut, de l'amont à l'aval, les infrastructures suivantes :

  • les installations d'extraction du gaz naturel au niveau des gisements de gaz.
  • les usines de traitement du gaz naturel, permettant de séparer les composants du gaz naturel pour les orienter vers les canaux de transport et de distribution appropriés.
  • les réseaux de transport de gaz naturel (gazoducs de transport sur longue distance)
  • les infrastructures de stockage du gaz naturel (en aérien ou en souterrain)
  • les réseaux de distribution du gaz naturel (gazoducs de proximité, permettant la desserte du consommateur final)

Le gaz naturel est parfois transporté sur longue distance par des navires spécialement équipés. Il faut alors ajouter aux infrastructures présentées ci-dessus les installations de la chaine de valeur du gaz naturel liquéfié (GNL) :

  • usine de liquéfaction du gaz naturel, permettant de diminuer son volume pour être transporté par bateau.
  • méthaniers (navires spécialement équipés pour le transport du gaz naturel liquéfié)
  • terminaux gaz naturel liquéfié (GNL) pour la regazéification du gaz naturel dans le pays destinataire, pour réinjection dans les réseaux de transport de gaz