Le transport du gaz naturel sur longue distance s’effectue majoritairement par des canalisations appelées gazoducs, qui permettent l’acheminement du gaz naturel de sa zone d’extraction à sa zone de consommation. L’alternative à l’utilisation des gazoducs pour le transport sur longue distance du gaz naturel est la chaîne de valeur du gaz naturel liquéfié (GNL). D’après BP, les gazoducs transportaient en 2006 71,8% des volumes de gaz échangés, contre 28,2% pour la filière du gaz naturel liquéfié (GNL).
Les gazoducs en chiffres
La construction d’un réseau mondial de gazoduc a accompagné le développement de la filière du gaz naturel pendant les Trente Glorieuses. Aujourd’hui, le monde compte environ un million de kilomètres de gazoducs, soit 25 fois la circonférence de la terre.
L’Union européenne (à 15 membres) représente 54% des importations de gaz naturel par gazoduc, contre 18,6% pour les Etats-Unis. L’Union européenne est également l’une des zones pour lesquelles les problématiques politiques tournant autour de l’implantation des gazoducs sont les plus manifestes.
Gazoducs terrestres et gazoducs sous-marins
Les gazoducs terrestres prennent la forme de canalisations enterrées à environ un mètre de profondeur, par souci esthétique. Toutefois, lorsque le sol est gelé (permafrost) ou que la zone est désertique, les gazoducs prennent la forme de canalisations posées sur le sol. Les gazoducs sous-marins sont de plus en plus nombreux (à l’image des projets South Stream sous la mer Noire et North Stream sous la Baltique) et sont beaucoup plus onéreux à construire que les gazoducs terrestres.
Les trois usages principaux des gazoducs
Les gazoducs sont destinés à trois usages principaux s’étalant sur la chaîne de valeur du gaz naturel. Les gazoducs de collecte permettent d’acheminer le gaz naturel issu des sites d’extraction ou de stockage vers les sites de traitement du gaz. Les gazoducs de transport (haute pression) permettent d’acheminé du gaz traité (prêt à la consommation) aux portes des grandes zones de consommation de gaz naturel (zones industrielles, villes). Les gazoducs de distribution (basse pression) acheminent le gaz au sein des zones de consommation pour arriver sur les sites clients.
Caractéristiques techniques des gazoducs
Un gazoduc est fait de tubes d’acier mis bout à bout et soudés pour constituer une canalisation. A l’extérieur, un gazoduc est recouvert d’un isolant permettant de le protéger contre la corrosion. A l’intérieur, un gazoduc peut être recouvert d’un matériau permettant une meilleure circulation du gaz transporté ou une meilleure résistance à la corrosion
Les gazoducs à haute pression transportent le gaz sous des pressions de 16 à plus de 100 bars. Sur son chemin, le gazoduc sera marqué tous les 80 à 250 kilomètres par des stations de compression afin de maintenir cette pression à son niveau optimal. Le gazoduc de transport sera également ponctué de postes de livraison, qui permettent la sortie du gaz transporté dans le gazoduc vers des réseaux de distribution de gaz naturel ou vers des gros sites de consommation (grands comptes industriels).
La gestion des gazoducs en France
Les réseaux de transport de gaz naturel sont gérés en France par GRTgaz, filiale de GDF Suez, sur la majorité du territoire. Dans le sud-ouest, c’est TIGF, filiale de Total, qui est en charge de la gestion du réseau de transport de gaz naturel.
Les réseaux de distribution de gaz naturel sont gérés en France par GrDF, filiale de GDF Suez, sur la grande majorité du territoire. Une vingtaine d’entreprises locales de distribution de gaz naturel ont toutefois des zones de monopoles sur des territoires de desserte très restreints.
Gazoducs et considérations politiques
Les gazoducs internationaux établissent une interdépendance entre les pays producteurs de gaz naturel et les pays consommateurs. En effet, un pays producteur entrera dans une relation de dépendance par rapport à son acheteur s’il ne dispose que d’un débouché d’exportation matérialisé par un gazoduc. Réciproquement, le pays acheteur est dépendant des volumes de gaz fournis par le pays producteur s’il n’a pas diversifié les routes des gazoducs entrants sur son territoire. Les pays de transit, qui voient passer les gazoducs sur leur territoire, peuvent également se servir des gazoducs comme d’un levier pour exercer une pression politique sur les pays producteurs et sur les pays destinataires.
Au contraire, la chaîne du gaz naturel liquéfié présente moins cette relation d’interdépendance entre producteurs et consommateurs : les méthaniers peuvent choisir des routes différentes, et une rupture d’approvisionnement en provenance d’un pays producteur X peut facilement être compensé par l’ouverture d’une nouvelle route en provenance d’un pays producteur Y.
Contrainte continentale et gazoducs
S’il n’existe pas de marché mondial du gaz naturel mais plutôt des marchés régionaux, c’est en bonne partie parce que les gazoducs ne peuvent pas être construits sous les océans.