Les dix plus grands producteurs de gaz naturel
| Rang | Pays | Production 2008 en Gm3 | Commentaire |
| 1 | Russie | 662,2 | Déclin des champs existants mais développements géants à Yamal, Shtokman et Sakhaline |
| 2 | Etats-Unis | 582,2 | Essor rapide des gaz non conventionnels |
| 3 | Canada | 170,9 | Déclin à prévoir |
| 4 | Iran | 116,3 | Manque d’infrastructures d’exploitation du gaz et de débouchés |
| 5 | Norvège | 99,2 | |
| 6 | Algérie | 86,5 | |
| 7 | Pays-Bas | 84,69 | Déclin futur à prévoir |
| 8 | Arabie Saoudite | 80,44 | Sous-exploitation (priorité donnée au pétrole) |
| 9 | Qatar | 76,98 | Réserves gigantesques par rapport à la taille du territoire |
| 10 | Chine | 76,1 | Essor rapide de la production |
Source : CIA World Factbook, 2008
Perspectives de long terme sur la production mondiale de gaz naturel
Pour faire face à la demande projetée par l’Agence Internationale de l’Energie dans son scénario de référence établi en 2009, la production de gaz naturel devra augmenter de 1350 milliards de mètres cubes entre 2006 et 2030. Cette production supplémentaire de gaz naturel devrait provenir à 84% des pays situés en-dehors de la zone OCDE, dont la production est amenée à croître en moyenne de 2,1% par an, contre 0,8% pour les pays de la zone OCDE.
Perspectives de production de gaz naturel au Moyen-Orient
Avec 41% des réserves mondiales prouvées de gaz naturel, le Moyen-Orient représentera 20% de l’augmentation mondiale de la production de gaz naturel entre 2006 et 2030. A l’heure actuelle, on compte quatre producteurs majeurs de gaz naturel au Moyen-Orient, représentant 83% de la production régionale : l’Iran, l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Emirats Arabes Unis. Chacun de ces quatre pays prévoit une augmentation substantielle de sa production de gaz naturel dans les années à venir.
L’Arabie Saoudite a lancé un effort particulier pour soutenir la production de gaz naturel à destination d’un usage domestique. La production actuelle de gaz saoudien est dans sa grande majorité dite « associée » à celle du pétrole : le gaz n’est qu’un produit dérivé du pétrole. La production saoudienne de gaz dépend donc de celle du pétrole, que les autorités saoudiennes font varier pour stabiliser les cours mondiaux du pétrole.
C’est pour sortir le gaz de sa dépendance à la production pétrolière que l’Arabie Saoudite développe de plus en plus l’extraction à partir des gisements de gaz naturel. Cet effort a notamment conduit à des investissements majeurs sur quatre sites du désert de Rub al-Khali. Néanmoins, les résultats des puits creusés sur ces sites sont relativement décevants, et la fixation de tarifs de vente peu attractifs pour le gaz par les autorités saoudiennes n’encourage pas les investisseurs occidentaux à participer à cet effort. Saudi Aramco, le géant saoudien du pétrole, a lancé d’autres projets d’extraction du gaz à proximité de ses puits de pétrole, avec des résultats plus satisfaisants. Le projet de Karan, par exemple, devrait atteindre une production de gaz naturel de 51 millions de mètres cubes par jour en 2012.
L’Iran possède les deuxièmes plus grandes ressources prouvées de gaz naturel et est déjà le plus gros producteur de gaz du Moyen-Orient. Des obstacles d’ordre politique empêchent néanmoins l’Iran de trouver autant de débouchés – et d’investissements – que ses réserves pourraient l’autoriser. Le plus grand champ d’extraction de gaz naturel iranien est situé en offshore, à South Pars. La difficulté à attirer les investissements directs étrangers en Iran représente la variable déterminante de la capacité du pays à augmenter sa production sur le moyen terme.
Perspectives de production de gaz naturel dans l’ex-URSS
La Russie devrait porter sa production de gaz naturel de 650 Gm3 en 2006 à 878 Gm3 en 2030. Le gisement géant de la péninsule de Yamal, dans le nord-ouest de la Sibérie, devrait représenter une partie significative de cette augmentation. Gazprom a commencé en 2008 la construction du gazoduc reliant le gisement le plus important de Yamal au réseau de transport de gaz russe, et a creusé le premier puits de production de gaz sur ce gisement. Gazprom prévoit que le gisement de Yamal pourra à lui seul contribuer pour 340 Gm3 à la production de gaz naturel russe à l’horizon 2030, lui permettant à la fois de satisfaire la demande intérieure et de doubler le niveau de ses exportations par rapports aux niveaux de 2008.
Le développement de nouveaux gisements de gaz naturel est une priorité absolue pour Gazprom, qui voit décliner la production de ses trois principaux gisements actuels (Yamburg, Urengoy et Medvezh’ye). La crise économique de 2008-2009 et la baisse temporaire de la demande de gaz et des prix du gaz qui s’en sont suivis en Europe pourraient réduire les capacités d’investissement de la Russie dans le développement de ces nouveaux gisements de gaz naturel.
En-dehors de Yamal, les deux principaux gisements où la Russie investit sont Shtokman (mer de Barents, Arctique) et Sakhaline (île dans le Pacifique à l’est de la Russie, au nord de l’île japonaise d’Hokkaido). Le développement de Sakhaline-1 a permis de commencer à alimenter les consommateurs de gaz russe pour de faibles volumes à partir de 2007. Les perspectives de production de gaz naturel à partir de Sakhaline-1 sont encore limitées, en attendant que les voies d’exportation soient clarifiées. Le développement de Sakhaline-2 prévoit une exportation de gaz naturel via la chaîne du gaz naturel liquéfié et est entré dans une phase de montée en puissance à partir de 2009. Le gisement de Shtokman devrait voir sa production de gaz naturel démarrer en 2013 à 23,8 milliards de mètres cubes, transportés par gazoduc. Une voie d’exportation supplémentaire par gaz naturel liquéfié est attendue pour Shtokman en 2014. L’Agence Internationale de l’Energie a toutefois des doutes sur la capacité de la Russie à tenir ce programme serré de développement du gisement de Shtokman.
Perspectives de production de gaz naturel en Afrique
Le Nigéria a les perspectives d’augmentation de la production de gaz naturel les plus prometteuses d’Afrique. Avec des réserves prouvées légèrement supérieures, la production de gaz naturel du Nigéria n’atteint que le tiers de celle de l’Algérie. Néanmoins, les problèmes d’insécurité que connaît le Nigéria pourraient ralentir significativement la progression de gaz naturel dans le pays. En-dehors du Nigéria, l’augmentation de la production africaine d’ici à 2030 viendra essentiellement de l’Algérie, de l’Egypte, de la Lybie et de l’Angola.
Perspectives de production de gaz naturel en Asie
Dans le scénario de référence de 2009 de l’Agence Internationale de l’Energie, la production de gaz naturel en Asie (hors Japon) augmente de 226 Gm3 entre 2006 et 3020 (dont 56 Gm3 pour la Chine et 28 Gm3 pour l’Inde). La montée de la production de gaz naturel en Chine a été remarquable dans les années 2000 : la Chine est parvenue à augmenter sa production de gaz naturel de 13,6% par an en moyenne entre 2000 et 2006. La Chine devrait ainsi devenir dans les prochaines années le plus gros producteur de gaz naturel dans la région, l’Indonésie voyant au contraire sa production décliner.
Perspectives de production de gaz naturel en Europe de l’Ouest, en Amérique du Nord et en Océanie
La production de gaz naturel dans les pays de l’OCDE augmentera de presque 200 Gm3 entre 2006 et 2030. Les Etats-Unis devraient représenter la majeure partie de cette augmentation (141 Gm3), suivis de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (56 Gm3 à elles deux). Au contraire, l’Europe de l’Ouest et le Canada verront leur production de gaz naturel décliner, en raison de l’épuisement des gisements de ces deux zones.
L’augmentation de la production de gaz naturel aux Etats-Unis est principalement due à l’impressionnant essor des gaz non-conventionnels, qui viennent compenser le déclin de gisements conventionnels onshore matures. Les gaz non conventionnels devraient se développer en raison des progrès technologiques qui rendent rentable l’exploitation de ce type de gaz. Les gaz non-conventionnels devaient ainsi représenter 56% de la production américaine en 2030, contre 47% en 2006. Les gaz non-conventionnels aux Etats-Unis proviennent à 30% de couches minces de sable, mais ce sont les gaz en provenance de formations de schiste qui concentrent le plus grand potentiel de développement. Si l’Agence Internationale de l’Energie compte sur une multiplication par trois ou quatre de la production de gaz non-conventionnel à partir de formations de schiste aux Etats-Unis, elle souligne qu’il existe une grande incertitude sur cette prévision.
L’Australie devrait voir sa production de gaz naturel augmenter significativement grâce au Bassin de Carnarvon (côte nord-ouest de l’Australie) dont les réserves probables sont de 1756 Gm3. D’autres développements gaziers en eau profonde dans la mer de Timor et dans le Bassin de Browse devraient venir augmenter la production de gaz australien. Enfin, cinq projets d’exploitation du coalbed methane (méthane se dégageant de veines de charbon) sont en cours de développement pour la production de gaz naturel liquéfié. Le premier projet devrait voir sa production de gaz naturel liquéfié démarrer en 2012.