Les terminaux gaz naturel liquéfié (GNL), ou terminaux méthaniers, sont des infrastructures permettant de réceptionner le gaz naturel liquéfié transporté par les méthaniers, de le regazéifier et de l’injecter dans le réseau de transport de gaz naturel. Le terminal méthanier fait donc partie de la chaîne du gaz naturel liquéfié, qui permet le transport du gaz naturel par navire spécial sur longue distance.
Les composants d’un terminal méthanier (gaz naturel liquéfié)
Un terminal gaz naturel liquéfié (GNL) se compose de quatre composants principaux :
- Une jetée, l’infrastructure portuaire où les méthaniers peuvent s’amarrer
- Des cuves de stockage, qui réceptionnent le gaz naturel liquéfié (GNL) transporté par le méthanier
- Une unité de regazéification. Le gaz naturel avait été liquéfié avant son chargement dans le méthanier afin de pouvoir maximiser le volume de gaz transporté. Le terminal méthanier effectue le processus inverse afin de faire retrouver au gaz naturel son état gazeux.
- Une infrastructure d’injection dans les réseaux de transport de gaz naturel.
Les terminaux GNL (gaz naturel liquéfié) en chiffres dans le monde
En 2007, il existait :
- soixante terminaux GNL réceptionnant le gaz naturel dans dix-huit pays (France, Belgique, Grèce, Italie, Portugal, Espagne, Royaume-Uni, Chine, République dominicaine, Inde, Japon, Malaisie, Mexique, Puerto Rico, Corée du Sud, Taïwan, Turquie, Etats-Unis).
- 15 pays disposant de capacités de liquéfaction du gaz naturel (au niveau desquelles s’effectue le chargement des méthaniers) : Algérie, Australie, Brunei, Egypte, Emirats Arabes unis, Etats-Unis, Guinée équatoriale, Indonésie, Lybie, Malaisie, Mexique, Nigéria, Oman, Qatar, Trinidad et Tobago.
Le développement de la filière du gaz naturel liquéfié (GNL) est illustré par les chiffres des projets de construction de ce type de terminaux. En 2007, il existait 182 terminaux gaz naturel liquéfié (GNL) en projet ou en construction dans le monde, et 73 unités de liquéfaction de gaz naturel en projet.
Sécurité des terminaux GNL (gaz naturel liquéfié)
Les caractéristiques du gaz naturel liquéfié (GNL) ainsi que les mesures de sécurité prises rendent les accidents dans les terminaux GNL particulièrement rares. Il faut remonter à 1944 pour retrouver un accident mortel dans un terminal GNL (à Cleveland, aux Etats-Unis). Un autre incident se produisit en 1973 dans le terminal GNL (gaz naturel liquéfié) de Staten Island, aux Etats-Unis, à la suite du non-respect de normes de sécurité. Un autre incident, en 1973, entraîna le déversement de gaz naturel liquéfié et une explosion. Enfin, en 2004, une chaudière explosa à Skikda, en Algérie, dans une installation de production et de liquéfaction de gaz naturel bâtie dans les années 1970 et pour laquelle les normes de sécurité n’étaient pas aussi poussées que pour les installations GNL modernes.
Les terminaux gaz naturel liquéfié (GNL) en France
La France compte trois terminaux de gaz naturel liquéfié : Montoir de Bretagne (à proximité de Saint-Nazaire, 10 milliards de mètres cubes de gaz de capacité annuelle), Fos Tonkin (7 milliards de mètres cubes de gaz de capacité annuelle) et Fos Cavaou (à proximité de Marseille, 8,25 milliards de mètres cubes de gaz de capacité annuelle).
D’autres projets de terminaux GNL existent en France. La société Fos Faster (émanation du néerlandais Vopak LNG Holding BV et de Royal Dutch Shell) souhaite notamment construire un terminal GNL indépendant à Fos-sur-Mer, dont la capacité initiale s’élèverait à 8 milliards de mètres cubes de gaz par an, soit 15% de la consommation annuelle française de gaz naturel. Le projet demanderait un investissement de 800 millions d’euros. Par ailleurs, la société Elengy (filiale de GDF Suez) porte un projet de modernisation du terminal de Fos Tonkin, pour un investissement de 200 millions d’euros.
C’est GDF Suez qui gère les terminaux méthaniers de Montoir de Bretagne, Fos Tonkin et Fos Cavaou au travers de sa filiale Elengy, créée en 2008. Elengy est donc responsable de l’exploitation des terminaux de GDF Suez, de la commercialisation de l’accès à ces terminaux, de leur développement et de la mise à la disposition de son expertise GNL pour les projets internationaux de GDF Suez. GDF Suez détient aussi 60% du terminal gaz naturel liquéfié (GNL) de Zeebrugge, en Belgique, qui déploie une capacité annuelle de 9 milliards de mètres cubes de gaz. GDF Suez est ainsi le deuxième opérateur européen de terminaux gaz naturel liquéfié (GNL). Le terminal de Fos Cavaou n’est néanmoins détenu qu’à hauteur de 70,2% par GDF Suez, les parts restantes dans la société d’exploitation (Société des Terminaux Méthaniers de Fos Cavaou) étant possédées par Total.
Les terminaux GNL (gaz naturel liquéfié) ont reçu en 2008 30% du gaz naturel consommé en France :
- le terminal méthanier de Fos Tonkin a réceptionné le GNL de 142 méthaniers et regazéifié 58 TWh de gaz.
- le terminal méthanier de Montoir a réceptionné le GNL de 91 méthaniers et regazéifié 80,5 TWh de gaz.
Terminaux GNL (gaz naturel liquéfié) et ouverture à la concurrence
Au même titre que les réseaux de transport de gaz naturel (gazoducs), les terminaux GNL (gaz naturel liquéfié) sont confiés au monopole d’un gestionnaire, qui doit permettre l’utilisation des infrastructures qu’il gère par des tiers, sans discrimination. L’accès aux services des terminaux GNL (gaz naturel liquéfié) est soumis à un tarif dont l’évolution est contrôlée par la puissance publique.
C’est la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) qui propose au gouvernement ces tarifs d’utilisation des terminaux méthaniers (tarifs ATTM : Accès des Tiers aux Terminaux Méthaniers). La Commission de Régulation de l’Energie (CRE) doit aussi veiller à ce que ces tarifs soient appliqués de matière transparente et non discriminatoire. L’idée est qu’Enlengy, filiale de GDF Suez gérant les terminaux GNL français, ne doit pas favoriser GDF Suez au détriment de ses concurrents dans ses activités de prestation de service.
La Commission de Régulation de l’Energie (CRE) définit les tarifs d’utilisation des terminaux méthaniers en fonction des coûts d’investissement et d’exploitation supportés par leur gestionnaire et en fonction des hypothèses d’utilisation des terminaux. La tarification actuelle applicable aux terminaux GNL (gaz naturel liquéfié) a été proposée en juillet 2009 par la Commission de Régulation de l’Energie et est entrée en vigueur en janvier 2010 pour une durée de trois ans.
Les services proposés par les terminaux méthaniers de Montoir, Fos Tonkin et Fos Cavaou
Les terminaux GNL (gaz naturel liquéfié) sont susceptibles d’offrir trois types de prestation de services, en fonction de la régularité de la réception du gaz qui leur est destiné.
Le service d’émission continue permet au client d’avoir une émission de gaz naturel continue sur le réseau de transport de gaz, avec des volumes le plus régulier possible, en fonction du calendrier de déchargement du terminal GNL dans son ensemble. Le service d’émission continue ne peut être proposé qu’aux utilisateurs réguliers du terminal (plus de dix méthaniers reçus par an).
Le service d’émission en bandeau de 30 jours – service bandeau : à réception d’une cargaison, le terminal GNL injecte sur les réseaux un bandeau constant de gaz naturel pendant une durée de 30 jours. Le service d’émission en bandeau de 30 jours est un service adapté aux utilisateurs ne déchargeant qu’au plus 12 méthaniers dans l’année.
Le service d’émission en bandeau de 30 jours – service spot : à réception de chaque cargaison, le terminal GNL injecte sur les réseaux un bandeau constant de gaz naturel pendant une durée de 30 jours. Toutefois, ce service n’est destiné qu’aux cargaisons programmées tardivement (après le 20ème jour du mois M-1 pour un déchargement en mois M) et le déchargement ne peut rentrer que dans les créneaux vacants du terminal GNL (gaz naturel liquéfié).
Les tarifs d’utilisation des terminaux GNL (gaz naturel liquéfié) en France
Les tarifs fixés par la Commission de Régulation de l’Energie sont calculés en fonction de «termes», qui varient selon le terminal considéré. Le terminal GNL de Montoir est ainsi le moins cher de France. Les termes des tarifs d’utilisation des terminaux GNL incluent :
- un terme fixe à payer par bateau
- un terme variable, proportionnel à la quantité de gaz naturel liquéfié déchargée du méthanier
- un terme permettant de tenir compte de la régularité avec laquelle les déchargements sont effectuées (entre l’hiver et l’été)
- un terme d’utilisation des capacités de regazéification, qui tient compte du temps entre deux arrivées de méthaniers
- un prélèvement d’une partie de la cargaison de gaz naturel (entre 0,3% et 0,5%) utilisée, pour les besoins du terminal méthanier.